La famille suisse qui est partie faire le tour du monde sur un bateau : Papa Joffrey, maman Stéphanie et le petit Valentin

1. Pourquoi vous vous êtes orientés vers cette façon de voyager ?
JOFFREY : Parce qu’on aime bien la voile !
STEPHANIE : Je trouve que c’est une bonne manière de déplacer notre petite maison tout entière. D’avoir un chez nous, c’est important surtout pour notre petit. En plus, nous nous sommes rencontrés en faisant de la plongée, nous avons fait des petites croisières au début de notre relation. L’eau est devenue donc un élément important de notre couple.


2. Quelles étaient vos motivations ? Et les peurs ?
STEPHANIE : On peut dire que ça a évolué par rapport à il y a 3 ans, quand on a débuté notre voyage. Le projet existait dans nos têtes depuis bien plus longtemps. Cela prend du temps à se concrétiser, faut acheter le bateau, organiser le voyage… On est devenus parents mais au même temps on n’avait pas envie de s’enfermer dans une routine de famille, métro boulot dodo.
JOFFREY : et surtout de passer du temps avec lui, c’est le plus important ! Avant d’avoir un gosse on s’était dit qu’on voulait pouvoir être présents pour lui. D’où le choix du voyage, du bateau…
STEPHANIE : Par rapport aux peurs, ça a été au moment que je me suis retrouvée sur le bateau, fini de rêver sur le canapé ! On se rend compte qu’il n’y a personne derrière pour assurer le coup, tout reposait sur nous, déjà par rapport à la navigation, malgré qu’on se fût préparés à ça. Ça prenait une toute autre dimension avec Valentin (le petit NDR) et en y étant à 100%. Il y avait plein de choses qu’on avait surestimé : la promiscuité dans le quotidien, la gestion du temps… On était des nouveaux parents, on devait retrouver un tout nouvel équilibre. Au tout début on se sentait vulnérables dans notre petite coque en plastique. Cela a changé au fil du temps, maintenant on se sent beaucoup plus vulnérables à terre . On avait des peurs par rapport à la santé du petit, il était un bébé donc plus fragile. On devait bien calculer les quantités d’eau, qu’il ne prenne pas trop le soleil, faire attention aux moustiques…
JOFFREY : Moi j’étais plutôt inquiet par rapport au côté financier. On avait tout bien calculé mais on ne sait jamais quels imprévus on va affronter.


3. Parlez-nous de votre voyage, le parcours, les rencontres …
On a commencé notre voyage en Martinique parce qu’on cherchait un modèle de bateau en particulier et c’est là qu’on l’a trouvé. On a fait l’arc Antillais toute la première année, on a passé la saison cyclonique à Grenade. Ensuite on est remonté vers la Guadalupe et toutes les petites iles aux alentours. On a rejoint la famille à la République Dominicaine, les grands parents étaient venus tous les 4, pendant un mois. Apres on a poursuivi par le sud de Haïti, vers la Jamaïque et Cuba. Nous avons traversé jusqu’au Mexique et passé notre deuxième saison cyclonique au Belize. On est descendus jusqu’au Guatemala pour faire l’entretien annuel di bateau. A ce moment-là on est rentrés aussi un mois en Suisse. Au retour nous sommes remontés jusqu’à la Floride et avons parcouru toute la côte est des États-Unis, c’était l’année dernière. Nous avons rejoint un rallye, d’une part pour la sécurité d’avoir du monde autour en haute mer et pour le côté social. On a rencontré un paquet de familles avec des enfants en voyage : nous sommes loin d’être une exception en effet ! Nous avons passé de très bons moments avec eux à Antigua. Pour la suite, nous avons séjourné à Puerto Rico un moment et maintenant nous sommes en train de remonter vers la Virginie pour hiverner le bateau. Le programme est de voyager un peu à terre.
En parlant des rencontres, avec le bateau tu fais partie d’une communauté, les gens viennent vers toi, on s’organise plein de repas, apéro, journée plage avec des autres navigants, surtout des familles canadiennes. Pour les petits c’est très important, d’avoir des copains comme ils grandissent.


4. Le plus beau souvenir ?
STEPHANIE : pour moi l’entrée du Rio Dulce, déjà l’émotion et soulagement des eaux douces après la navigation en haute mer. Mais c’est aussi impressionnant le côté nature, les bruits des animaux de la jungle, les oiseaux, les cris des singes… Les enfants locaux qui t’emmènent des paniers en osiers…
JOFFREY : Il y a plein de moments forts, Cuba, l’entrée à New York, les premières navigations …. Mais enfin je suis particulièrement attaché à un souvenir et… c’est l’aéroport ! Ce moment qu’on s’est retrouvés là avec tous nos bagages et rien d’autre, plus de maison, plus d’attaches, l’aventure devant nous !


5. Comment vous vous êtes organisés pour l’eau, la nourriture, les visas, l’école, le travail … ?
L’eau, on fait des pleins d’eau dans les marinas, car nous n’avons pas le desalinisateur, la machine qui transforme l’eau salée en eau douce. Notre plein est de 400 litres, avec une consommation d’environ 20 litres par jour. Avec Valentin au début on achetait de l’eau bouteille pour ses repas. Pour les courses on achetait plutôt au supermarché une fois par mois le gros des ravitaillements et le frais chaque 4/5 jours. On est nul en pèche 😛 donc on ne peut pas se dire être des vrais Robinsons, mais on est un mauvais exemple, il y a plein de navigateurs qui pèchent du poisson frais régulièrement ! Par rapport à avant notre voyage, on a beaucoup réduit notre consommation de viande, on en mange pratiquement plus, ou parce qu’elle n’est pas très bonne ou pour des raisons de conservation.
Pour le visa c’est devenu un peu plus compliqué avec le covid mais cela ne nous a pas arrêtés. Voyager par la mer est très différent par rapport à voyager par terre. On s’était bien informés aux préalables sur les différentes formalités donc on est partis préparés. A chaque arrivage au port, le capitaine descend avec les passeports et les papiers du bateau et se présente au bureau d’immigration pour faire ce qu’on appelle une clearance. Grosso modo c’est facile, il faut juste respecter quelques formalités. Il y a des pays où la douane est gérée par les militaires et cela peut s’avérer un peut impressionnant mais nous n’avons jamais eu des problèmes, tous les échanges ont été assez conviviales.
Valentin n’a pas encore eu besoin de l’école, il apprend à travers ce qu’il voit, ce qu’on fait. On lui présente des sujets, les choses à faire ou à voir dans chaque pays et il choisit sur la base de ses intérêts. On cherche aussi de le faire rentrer le plus possible en contact avec des enfants locaux et il apprend l’espagnol avec eux.
Côté travail, le bateau c’est le fruit d’économies. Avoir un peu de réserve est quand même bien pour la paix de l’esprit et sinon, nous on vit grâce à des revenus locatifs.


6. Les difficultés majeures ? Quelles solutions ?
STEPHANIE : Personnellement, ce qui a été très compliqué au début c’était d’être maman pour la première fois et se retrouver dans un espace réduit, les uns sur les autres. La solution s’est de s’aménager des petits espaces quotidiens et même physiques, dans le bateau chacun a son coin. Sur une journée quand on sait qu’on est posés pour une longue période dans un endroit, le matin s’est plutôt moi qui suis avec Valentin, l’après-midi c’est plutôt Jo, on se répartis un peu les choses comme ça. Nous avons dû trouver notre rythme, au sens propre et figuré.
JOFFREY : Pour moi c’était lié au bateau, tout ce que je ne connaissais pas au niveau technique, les réparations, l’entretien, l’électricité, les panneaux solaires, les sanitaires… Le bateau n’étant pas neuf, nous avons eu pas mal de problèmes liés à l’usure. Ce n’est pas évident, même étant préparé… Finalement c’est une véritable maison qui fait 12 mètres de long ! Après il ne s’agit pas de problèmes insurmontables mais il
faut se documenter, prendre le temps de trouver les bonnes solutions, heureusement ils existent beaucoup de forums sur internet sur ces sujets.


7. 3 conseils pour qui veut se lancer dans cette aventure !
– Bien se préparer, établir un plan de navigation, prendre le temps d’être à l’aise, peut être essayer avant un objectif moins ambitieux, par exemple traverser la méditerranée.
– Bien choisir le bateau en fonction du programme, ne pas viser trop haut avec la longueur
– Impliquer les enfants s’ils sont plus grands, parlez de votre projet avec d’autres qui sont déjà partis mais attention à la famille, ils risquent de projeter leurs peurs et gâcher le goût du voyage.

 

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“Voyager c’est grandir. C’est la grande aventure qui laisse des traces dans l’âme.” Marc Tiercelin

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