Marie, trek à pieds sur plusieurs jours seule

1. Pourquoi tu t’es orientée vers cette façon de voyager ?
En randonnée, on est vite limité si on ne bivouac pas : aux randos à la journée, aux itinéraires déterminés par la présence de refuges, etc. Je me suis orientée vers le bivouac pour pouvoir faire de la randonnée itinérante avec une plus grande liberté.


2. Où as-tu fait ton premier bivouac seule ? Quelles étaient tes motivations ? Et les peurs ?
Mon premier bivouac seule était aux bordes d’Intzarazki, un jour après Saint-Jean-Pied-de-Port sur le Gr10. L’étape m’avait paru assez longue comme cela, et j’avais envie de me retrouver seule. Ma peur principale était surtout les animaux. Je me demandais si j’arriverai à dormir avec les bruits alentours. Je me suis endormie très vite avec la fatigue et c’est finalement l’orage qui m’a réveillée. J’ai fini la nuit dans une bergerie accompagnée par des chauve-souris. Depuis, avec les animaux ça va .


3. Qu’est-ce que tu aimes du bivouac ?
Comme évoqué, j’aime la liberté que le bivouac permet. On peut s’arrêter où on le souhaite (pour peu qu’on ait trouvé un terrain à peu près plat…). Cela permet de suivre son rythme et ses envies au moment présent. Cela permet également de s’arrêter loin des lieux déjà occupés. Pour ma part, j’aime bien la
solitude, le silence, l’ennui. Cela coupe avec le quotidien habituellement agité. C’est ma notion des vacances.


4. Trouves-tu que cela soit plus compliqué pour une femme que pour un homme ? Pourquoi ?
Je pense que ce qui est plus compliqué quand on est une femme, c’est peut-être aussi la peur limitante elle-même. On a toujours quelque part à l’esprit « je suis une femme, je dois me méfier et me protéger ». Les risques ne sont pas nuls, c’est certain. Mais il ne faut surtout pas se responsabiliser et essayer au mieux de se défaire de cette question.


5. Ton plus beau souvenir ?
Je dirais le lac Genteau. C’est un endroit où j’ai été de nombreuses fois en randonnée à la journée et qui est pour moi l’un des plus beaux endroits au monde. Il y a une ambiance propre à cet endroit, avec différents animaux qui s’y rassemblent pour boire au lac. Et le fait d’y dormir quand j’ai fait le Gr10 m’a procuré une émotion particulière. Les couchers et levers du soleil y sont des spectacles étonnants.


6. Comment tu t’es organisée pour l’eau et la nourriture ?
Pour l’eau, j’ai une paille filtrante. Je filtre l’eau des rivières, ce qui a deux avantages : je n’ai pas besoin de porter beaucoup d’eau et je peux boire autant que je veux. Bivouaquer près d’une rivière devient par contre un prérequis. Côté nourriture, j’emmène des choses peu lourdes mais nourrissantes comme des flocons d’avoine, de la semoule, des fruits secs et oléagineux, etc. Je prends parfois des lyophilisés quand les étapes sans ravitaillements sont trop longues.


7. Comment choisis-tu les lieux de bivouac ?
Un terrain plat, une rivière. Ça fait déjà beaucoup de conditions en montagne !


8. Les indispensables dans ton sac ?
Tout est assez indispensable car je prends le minimum. Donc je ne sais pas trop, une deuxième paire de chaussettes, une doudoune et un topoguide ?


9. Des difficultés ? Quelles solutions ?
La météo me paraît être la principale difficulté. Il faut juste anticiper et prévoir un matériel adapté pour ne pas se retrouver à geler dans une tente ou à prendre l’eau. De nombreux conseils peuvent être apportés par les vendeurs de magasins spécialisés ou par des groupes d’échange sur les réseaux.


10. 3 conseils pour les autres filles qui veulent se lancer dans cette aventure !
1/ Se lancer. Il faut se préparer certes, mais on appréhende souvent beaucoup plus de choses que ce qui est vraiment difficile au final. Et les difficultés restent surtout celles qu’on ne peut pas anticiper de toute façon.

 

2/ Arriver en avance sur le lieu de bivouac, explorer les environs. Je trouve que ça aide à s’imprégner du lieu et à le rendre familier.

 

3/ Partez en vous disant que vous pourrez toujours reculer ou abandonner. C’est finalement le meilleur moyen d’avancer et le but reste de faire ce qui nous fait plaisir.

“Voyager c’est grandir. C’est la grande aventure qui laisse des traces dans l’âme.” Marc Tiercelin

Copyright © 2022 Envie d’ailleurs

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux